Actuellement, souvent dans la famille africaines, une personne est atteinte de fièvre typhoïde. Avec nos latrines mal entretenues, et le manque d’hygiène notoire qui règne un peu partout en ville, les mauvaises conditions d’hygiène ne peuvent que favoriser cette maladie.
La fièvre typhoïde est transmise par le bacille Salmonella typhi. on le trouve dans l’eau ou des aliments contaminés. Les salmonelles causent souvent des intoxications alimentaires ; toutefois, dans le cas de la fièvre typhoïde, la bactérie Salmonella typhi peut provoquer une maladie plus grave. La transmission est oro-fécale par ingestion d’eau ou d’aliments souillés. La bactérie colonise d’abord les ganglions lymphatiques intestinaux avant de se retrouver dans le sang. Les symptômes de la maladie sont liés à la libération d’une toxine par la bactérie.
Caractéristiques La fièvre typhoïde est généralement d’installation graduelle. Elle se caractérise par un début brutal de fièvre persistante, des frissons, de fortes céphalées, des douleurs musculaires et articulaires généralisées, des nausées et un grave manque d’appétit. Elle est souvent accompagnée d’une toux rauque et de constipation ou de diarrhée.Des vomissements peuvent survenir vers la fin de la première semaine après le début de l’infection mais ils ne sont généralement pas importants. La diarrhée est rare. On estime chaque année à 17 millions le nombre de cas de fièvre typhoïde et à 600 000 environ celui des décès. Certaines souches de Salmonella typhi résistent aux antibiotiques.
Historique Au milieu du siècle dernier, Sir William Jenner a apporté la première définition de la fièvre typhoïde en distinguant clairement cette maladie du typhus transmis par des poux et présentant des symptômes différents. Karl J. Erberth a ensuite été le premier à isoler le micro-organisme à l’origine de la maladie en 1880, fournissant ainsi les bases d’un diagnostic définitif. Avant cela il était difficile d’établir un diagnostic, mais les chercheurs travaillant sur l’histoire de la ville de Jamestown en Virginie (Etats-Unis d’Amérique) estiment que c’est la fièvre typhoïde qui a provoqué la mort de plus de 6000 colons entre 1607 et 1624. Au cours de la guerre contre l’Afrique du Sud à la fin du XIXe siècle, les troupes britanniques ont perdu 13 000 hommes à cause de la fièvre typhoïde - contre 8000 au combat. Le porteur le plus célèbre Mary Mallon, plus connue sous le sobriquet de "Typhoid Mallon", était une cuisinière d’Oyster Bay dans l’Etat de New York qui en 1906 a infecté 53 personnes dont 5 sont décédées. Identifiée comme porteur, elle a été détenue pendant trois ans et remise en liberté après avoir promis de ne plus jamais exercer son métier. Cinq ans après sa libération, on a constaté qu’elle avait été à l’origine de 25 cas de fièvre typhoïde à l’Hôpital des Femmes de Manhattan. Jusqu’en 1948, on devait se borner à offrir aux malades un traitement de soutien, mais la découverte d’un antibiotique, le chloramphénicol a ensuite permis de réduire sensiblement la mortalité. Une résistance a commencé à apparaître au début des années 70 au Mexique et au Viet Nam et en quelques années 75% des cas vietnamiems résistaient au chloramphénicol. Dans les pays industrialisés, on observe une résistance dans 5% des cas environ.
Signes Cliniques Après une période d’incubation variant de une à trois semaines, la maladie évolue classiquement en deux phases :
La phase d’invasion (1ère semaine) associe une fièvre élevée d’installation progressive (40° C avec dissociation du pouls), des céphalées, une insomnie, des troubles digestifs à type d’anorexie, de nausées et de crampes abdominales avec constipation ou diarrhées. Cette phase peut ausi apparaître d’emblée brutale dans un tableau de gastro-entérite pouvant simuler un tableau chirurgical aigu, notamment chez le jeune enfant.
La phase d’état (2ème semaine) associe une fièvre qui se maintient en plateau entre 39° et 40° C (pouls dissocié) et l’émission de selles diarrhéiques (classiquement diarrhées jus de melon). Un état somnolent apparaît et évolue vers une prostration dans les formes graves (tuphos). Des complications peuvent apparaître à type de perforations et d’hémorragies intestinales.
Mode de contamination Le réservoir de Salmonella typhi est strictement humain. La transmission peut être interhumaine par contact direct avec une personne infectée ou transmise par des aliments ou l’eau contaminée par les selles ou les urines de malades ou de porteurs. L’eau polluée est la source la plus fréquente de la fièvre typhoïde. L’infection peut aussi être provoquée par la consommation de fruits de mer de bassins contaminés par des eaux usées, de légumes crus provenant de cultures utilisant les vidanges comme engrais, ou de lait et de produits laitiers contaminés.
Epidémiologie Comme pour toutes les maladies à transmission oro-fécale, la fièvre typhoïde se rencontre surtout dans des zones à conditions d’hygiène précaire, frappant principalement les pays en voie de développement en Asie, en Afrique ou en Amérique Latine. La répartition au niveau mondial de cette maladie est proche de celle de l’hépatite A (favorisée par les mêmes facteurs).
Transmission L’homme peut transmettre la maladie tant qu’il reste porteur du bacille ; la plupart des sujets sont infectieux avant la convalescence et pendant la première semaine de convalescence. Dix pour-cent environ des malades non traités excrètent des bactéries pendant deux à trois mois ; deux à 5% deviennent des porteurs permanents.
Diagnostic Le diagnostic de la fièvre typhoïde est établi par des épreuves de laboratoire permettant de déceler la présence de Salmonella typhi dans un échantillon de sang ou de selle. De 2 à 5 % des patients continue à excréter les bacilles, deux ou trois mois après le début de la maladie : ce sont des porteurs chroniques.
Prévention
Il est important de respecter les mesures d’hygiènes classiques : lavage fréquent des mains à l’eau et au savon, principalement après chaque passage aux toilettes et avant toute manipulation d’aliments.
Dans l’entourage du malade : nécessité de dépister les porteurs sains, afin d’éviter une dissémination de l’infection, principalement chez les personnes travaillant dans le secteur agroalimentaire, en collectivités de jeunes enfants ainsi que chez le personnel soignant. Protéger et chlorer les sources d’approvisionnement en eau. Fournir une eau saine et éviter le reflux des égouts dans les conduites d’eau. Assurer l’évacuation des excreta dans de bonnes conditions d’hygiène et offrir des latrines sans mouches. Veiller à une propreté scrupuleuse dans la préparation et la manipulation des aliments. Bien insister qu’il est important de se laver les mains : ce conseil s’adresse en priorité à tous ceux qui touchent des aliments et soignent des malades et/ou des enfants. Il est indispensable de se laver soigneusement et souvent les mains, notamment après avoir été à la selle.
Traitement On peut traiter la fièvre typhoïde à l’aide d’antibiotiques. Il peut y avoir des rechutes après le traitement. L’antibiothérapie est instaurée pendant 10 à 15 jours. Le médecin y associe une réhydratation par voie intraveineuse si nécessaire. La vaccination : une injection intramusculaire suivi d’un rappel 3 ans après.